Notre vision commune
Manifeste de La Grande Commune
Explorez notre engagement envers une démocratie directe, égalitaire et mondiale, où chaque voix compte et chaque décision est collective.
Assemblées Locales
Encourager la participation citoyenne à travers des assemblées locales, nationales et mondiales autonomes et collaboratives.
Décisions Collectives
Promouvoir des décisions prises collectivement pour refléter la volonté de tous, sans intermédiaires.
v 0.1
MANIFESTE VIVANT DE LA GRANDE COMMUNE — POUR UNE DÉMOCRATIE DIRECTE MONDIALE SANS DIRIGEANT
préambule
Partout dans le monde, les peuples — ou du moins celles et ceux à qui on permet de voter — sont exaspérés par les dirigeants qu’ils ont élus. Ils en viennent à placer leur espoir dans n’importe qui : un comique, une star de téléréalité, un homme à la tronçonneuse… Peu importe, pourvu que ce ne soit plus le “système”.
Cela montre une chose simple : nous sommes arrivés au bout d’un modèle. Et ce modèle, fondé sur la représentation verticale du pouvoir, est aussi à l’origine de nombreux conflits.
Les peuples, bien souvent, ne souhaitent qu’une vie simple, digne, avec les moyens pour y parvenir. Mais les dirigeants, dans leur quête de pouvoir, opposent, attisent, manipulent. Ils dressent les nations, les ethnies, les classes sociales, les croyances les unes contre les autres pour renforcer leur propre autorité. Pourtant, au fond, les citoyens du monde aspirent aux mêmes choses fondamentales : la sécurité, la santé, la liberté, un avenir pour leurs enfants. Ils aspirent aussi à l’égalité, au respect mutuel, à la reconnaissance de leur dignité et à un véritable partage des richesses et du pouvoir. Ces valeurs collectives sont la base d’un vivre-ensemble durable.
Le système actuel — celui de la démocratie représentative — repose sur une idée désormais obsolète : celle qu’un individu exceptionnel, un chef, un guide, saurait mieux que nous ce qui est bon pour nous.
Lorsqu’on choisit un candidat, c’est rarement pour l’ensemble de ses idées. Souvent, quelques points nous convainquent. Puis, parce que la confiance s’installe, on finit par adhérer à tout ce qu’il propose. Non pas parce que c’est juste — mais parce que c’est lui ou elle qui le dit.
Et entre ce qu’un candidat dit, ce qu’il pense, ce qu’il veut dire, ce qu’on en comprend, ce qu’il veut faire et ce qu’il fera vraiment, l’écart peut être immense.
Pourquoi choisir un “paquet d’idées” (le ou la candidate) avec lequel on ne sera jamais totalement d’accord, quand on pourrait choisir idée par idée ?
Le moment est venu de se poser cette question toute simple : pourquoi continuer à choisir quelqu’un pour ses idées, plutôt que les idées elles-mêmes ? Pourquoi serions-nous trop bêtes pour répondre à une question, mais suffisamment intelligents pour choisir quelqu’un qui répondra à notre place ?
En réalité, nous le faisons déjà, et pas pour des sujets secondaires. En justice, par exemple, ce sont souvent des citoyennes et citoyens ordinaires qui décident de la liberté ou de la peine d’un individu. Ce ne sont pas des juristes professionnels, mais des humains instruits des règles du droit, exposés à des arguments et des contre-arguments, et qui forment ensemble une intime conviction. Ils rendent une décision collective.
Alors pourquoi ne pourrions-nous pas faire de même pour l’ensemble des décisions publiques ?
Nous, citoyennes et citoyens du monde, affirmons notre volonté de construire une société libre, solidaire et sans domination. Face aux crises démocratiques, écologiques et sociales, nous proposons un modèle fondé sur la décision collective, la responsabilité partagée et la souveraineté populaire à tous les niveaux.
Ce manifeste est un texte évolutif. Il n’impose rien : il propose un cadre pour co-construire une alternative démocratique réelle, au-delà des chefs, des partis et des hiérarchies.
1. principes fondamentaux
- Égalité radicale : chaque citoyenne et citoyen dispose du même pouvoir de décision, indépendamment de ses moyens, de son origine ou de son statut social.
- Pouvoir distribué : pas de dirigeants permanents, mais des mandats tournants, révocables, partagés.
- Participation directe : chacun·e peut voter sur les décisions qui le concernent, à tous les niveaux.
- Transparence totale : toute décision est traçable, publique et compréhensible.
- Délibération préalable : avant chaque vote, les citoyens accèdent à une information claire, contradictoire et vulgarisée.
- Pluralisme culturel : toutes les langues, cultures et visions du monde sont reconnues et respectées.
2. MÉTHODES DE DÉCISION
- Tirage au sort pour les fonctions de facilitation, d’animation et de contrôle.
- Mandats courts et révocables à tout moment.
- Assemblées locales autonomes, connectées par un réseau de coopération (sans hiérarchie).
- Votes numériques ou physiques, avec obligation d’information avant participation.
- Hiérarchisation des votes : tout le monde vote sur les sujets majeurs ; les assemblées locales et les mandats temporaires gèrent le quotidien.
3. ORGANISATION EN TROIS ÉCHELONS
-
Locale : vie quotidienne, alimentation, école, transports de proximité, entraide. Lieu de l’autonomie citoyenne, de la coopération directe et du tissu culturel vivant.
-
Régionale (équivalent à un pays ou une grande région) : santé, énergie, fiscalité, éducation, sécurité. Il permet de garantir la diversité culturelle et politique entre régions du monde, sans tomber dans l’uniformisation.
-
Mondiale : écologie, climat, biodiversité, migrations, paix, données, intelligence artificielle, science fondamentale. Les décisions globales sont votées par l’ensemble des citoyens planétaires.
Une telle organisation globale, sans souverainetés concurrentes, met fin aux guerres entre États. Les conflits cessent lorsqu’il n’y a plus de pouvoirs séparés à imposer leur vision : les peuples décident ensemble, pour leur survie commune.
4. SYSTÈME MONÉTAIRE PLURIEL
- Monnaie locale (ex : Sol) : pour les biens et services de proximité.
- Monnaie régionale (ex : Éco) : pour les besoins mutualisés (santé, éducation, énergie).
- Monnaie planétaire (ex : Gaïa) : pour la coopération mondiale et les biens communs globaux.
Chaque citoyen dispose d’une proportion majoritairement locale (60–70%), puis régionale (20–30%), puis mondiale (5–10%).
Le but : favoriser les circuits courts, la résilience locale, tout en maintenant une solidarité mondiale sur les grands enjeux collectifs.
5. ÉCONOMIE COLLECTIVE ET INVESTISSEMENT PUBLIC
- Fin de la bourse spéculative : plus d’actionnariat privé à but purement financier.
- L’investissement est assuré par la collectivité, via des comités citoyens d’investissement.
- Ces comités sélectionnent les projets utiles à la société et décident d’entrer ou non dans leur capital.
- Les entreprises restent en concurrence, mais publiques ou à vocation à être rachetées par la collectivité.
- L’économie est pilotée par l’intérêt général, pas par la rentabilité court-terme.
- Les projets sont financés sur la base de leur utilité sociale, écologique ou scientifique.
6. MÉDIAS ET LIBERTÉ D'INFORMATION
- Un média peut être possédé, mais pas contrôlé : sa rédaction est élue par l’ensemble des professionnels journalistes.
- Ce processus de vote garantit le pluralisme des opinions et des lignes éditoriales.
- Tout financement est public ou transparent, avec obligation de pluralisme dans la répartition.
- La formation à l’esprit critique, au fact-checking et à la lecture des médias est assurée dès l’école.
- Les réseaux sociaux doivent obéir à des règles progressives de responsabilité :
- Toute personne peut publier, mais l’audience publique est soumise à des paliers.
- Plus l’audience potentielle est grande, plus le contenu doit être vérifié.
- Au-delà d’un certain seuil, la diffusion publique est conditionnée à la validation par un comité de journalistes élus, garantissant la pluralité et la véracité des faits.
- Cela protège la liberté d’expression tout en limitant la désinformation systémique.
7. LIBERTÉ DE CROYANCE ET ÉMANCIPATION
- Toute personne est libre de croire, de ne pas croire, de pratiquer ou non une spiritualité.
- Aucune religion ne peut imposer ses règles à la collectivité sans débat public et consentement explicite.
- L’éducation à la pensée critique, à la pluralité des idées et à l’autonomie est un droit fondamental.
- Des adaptations culturelles sont possibles tant que les droits fondamentaux sont respectés.
8. TRANSITION MONDIALE
Ce modèle est expérimental, décentralisé, ouvert. Il peut être adopté progressivement par tout territoire, commune, réseau ou pays.
Nous appelons à :
- La création d’assemblées locales ouvertes partout dans le monde ;
- L’échange entre collectifs sans chef ;
- La rédaction continue de cette constitution vivante.
COMMENT PARTICIPER ?
- Organisez ou rejoignez une assemblée citoyenne locale pour débattre et décider collectivement des actions à mener dans votre territoire : définissez un sujet, une action, un soutien local immédiat, concret pour agir.
- Lancez des actions solidaires transnationales avec d’autres communautés à travers des réseaux coopératifs : partage de savoirs, soutien mutuel, co-financement de projets utiles.
- Développez des projets concrets d’alimentation, d’énergie, d’éducation ou de soins fondés sur les principes de solidarité, d’égalité et d’autonomie.
- Encouragez la formation populaire pour diffuser largement les compétences démocratiques, techniques et sociales nécessaires à l’émancipation collective.
- Commentez, traduisez, partagez ce manifeste
- Proposez des amendements
- Rejoignez ou initiez une assemblée citoyenne dans votre quartier, ville, pays
Ce manifeste appartient à celles et ceux qui le font vivre.